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06.03.2008
Logement: des associations interrogent les candidats
La Confédération nationale du logement et le Collectif vaudais des précaires et privés d'emploi ont soumis un questionnaire aux quatre listes en lice
C'est dans leurs locaux de la place Guy-Moquet que la Confédération nationale du logement (CNL) et le Collectif des précaires et privés d'emploi ont accueilli, mardi matin, deux des quatre têtes de liste aux Municipales pour débattre et faire des propositions à propos de «la politique locale du logement».
En effet, seules les listes conduites par Maurice Charrier et Hélène Geoffroy étaient représentées. Absent, Laurent Clamaron, pour l'UMP, a toutefois répondu au questionnaire soumis à chaque candidat par les deux associations; la liste MoDem, conduite par Djamila Bouguerra, n'a en revanche pas répondu, alors que Lutte Ouvrière, bien qu'elle appartienne à la liste de M. Charrier, a tenu à fournir une réponse «autonome». Le logement étant devenu le premier poste de dépense des ménages -jusqu'à 50% des revenus-, il figure au premier rang des préoccupations des électeurs et des sujets de débat entre candidats. Ainsi, mardi matin, les deux heures trente d'échanges n'auront-elles pas suffi à faire le tour de la question mais sans doute, malgré tout, à faire valoir les positions de chacun. Le sujet était d'autant plus d'actualité que va débuter la seconde phase des opérations de renouvellement urbain, au Mas du Taureau et Pré de l'Herpe. L'occasion de replacer au centre du débat les conditions de relogement des locataires concernés par les démolitions, les associations étant aujourd'hui très mobilisées pour 37 familles expulsables fin mai (lire encadré ci dessous). Loi Dalo, arrêté anti-expulsion, politique d'attribution des logements sociaux, fiscalité, lutte contre l'insalubrité: le questionnaire soumis aux candidats a balayé tous les aspects de la politique locale du logement, et nourri les argumentaires des deux listes présentes mardi matin. Toutes deux issues de la majorité sortante, c'est sur le bilan qu'ont porté une partie des débats: Bernard Genin, adjoint au logement, «assume tout», Hélène Geoffroy également, « les forces comme les faiblesses, ajoute la candidate socialiste, même si, déjà au sein de la majorité, nous faisions valoir nos arguments». Son colistier Philippe Zittoun annonce que «[nous] remettrons à plat le projet du Mas du Taureau et mettrons en place de véritables dispositifs de concertation». Pour mettre en avant la qualité de son bilan, Maurice Charrier rappelle quelques chiffres: de 2001 à 2011, 940 logements démolis pour 1 100 à 1 150 livrés (sans le Mas et Pré). «Sur les 880 qui restent, 448 sont programmés pour 2008-2009», ajoute le maire sortant. Quant aux associations, elles s'interrogent, au-delà des clivages politiques, sur la volonté des élus «d'aider les habitants à développer des capacités de résistance, face à des dispositifs censés s'attaquer à la précarité mais qui ne font que l'augmenter».
Emmanuelle Babe
37 familles dans une campagne
Elles font l'objet de la dernière question du questionnaire rédigé par la CNL et le Collectif des précaires et privés d'emploi: 37 familles vivant aux Mas du Taureau (Mont-Pilat) et Pré de l'Herpe (Francis-Ponge et Gaston-Bachelard) restent à reloger à l'issue de la première tranche de démolition. Elles risquent l'expulsion début juin, -leurs bailleurs les en ont informées par courrier fin octobre-, soit six mois après la signature par Maurice Charrier du permis de démolition. «Je ne comprends pas que personne ne se soit indigné contre la signature de ce permis, qui a fait sortir ces familles du dispositif spécifique Anru (*)», s'indigne Michel Leclercq, qui dénonce des «pressions inadmissibles de la part des bailleurs et du service municipal du logement». Le représentant du Collectif des précaires a demandé aux candidats de s'engager sur cette question. Bernard Genin («La Gauche citoyenne») a préconisé que «le maire et son adjoint soient les pilotes de ce relogement et fassent en sorte que les offices HLM donnent des chiffres régulièrement». Philippe Zittoun («Renou'Vaulx à gauche») propose une «gestion collective du dossier, avec les familles et les associations».
E.B.
(*) Agence nationale du renouvellement urbain.
16:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vaulx en velin, logement
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